Portrait Loïc CuestaBonjour Loïc, vous êtes diplômé de la promo 2012, et vous êtes aujourd’hui Directeur Général de mk2+. Pouvez-vous nous parler de votre parcours depuis la sortie de l’ISEG ?
Je suis rapidement entré dans la vie professionnelle…
J’ai d’abord rejoint Red Bull lors de mes trois dernières années étudiantes. J’étais en charge du déploiement opérationnel sur le Sud-Ouest de la France. Mes missions me demandaient de collaborer avec les athlètes pour créer du contenu et d’assoir les valeurs de la marque dans le sport extrême et la street culture grâce au sponsoring et à l’événementiel. J’ai découvert que passion et travail pouvaient coexister sans frontières. Cette expérience m’a appris la rigueur et l’intérêt de déployer des stratégies marketing différenciantes (anticonformistes). Cet enseignement, je tente encore aujourd’hui de le mettre en œuvre afin de ne pas entrer dans les silos de la communication.

J’ai ensuite travaillé chez Quiksilver en tant que Coordinateur Marketing Europe. Mes missions étaient marquées par davantage de déplacements à l’étranger. Je travaillais sur le planning stratégique de la marque avec ma direction et étais en charge de son application dans les différents pays associés au siège européen. J’ai dans ces fonctions appris la gestion financière, le merchandising, les plans médias, l’animation de communautés et surtout l’analyse de retour sur investissement.

Après ces deux années, mon envie d’entreprendre a été plus forte que mon souhait de stabilité et de proximité avec la mer. J’ai alors entamé en 2013 une carrière dans l’entreprenariat qui a duré six ans en créant OuiBeat, un logiciel SaaS spécialisé dans la création d’affichages dynamiques et j’ai rejoint le premier programme d’incubation de Google France à Paris.
J’ai fait grossir cette entreprise jusqu’à fin 2018, alors que nous générions plus de 500K€ de résultat net annuel. J’étais le seul actionnaire à bord et commençais à percevoir la limite de la stratégie de l’unique capitaine dans la société. J’ai entamé une recherche d’investisseurs / partenaires et après quelques mois j’ai vendu la grande majorité de mes actions à une société française dans l’IT.

Au lendemain de la vente de ma société OuiBeat, je me suis engagé pour relever de nouveaux challenges pour le groupe cinématographique mk2 et suis depuis maintenant 2 ans, directeur général de mk2+.

Illustration Cinéma Paradiso

Cinéma Paradiso dans la Cour Carré du Louvre by mk2+

En quoi consiste précisément votre fonction aujourd’hui ?
Ma fonction en tant que directeur général mk2+ consiste à diversifier les revenus du groupe mk2 en dehors de la billetterie des salles de cinéma.
Frappées de plein fouet par la crise et face aux grandes plateformes de streaming, les salles de cinéma doivent plus que jamais repenser le lien qu’elles entretiennent avec leurs publics et des expériences qu’elles lui font vivre. Du rôle de diffuseur, elles doivent passer à celui de médiateur et de créateur d’expérience culturelle.

Illustration du Cinéma sur l’eau à La Villette

Le Cinéma sur l’eau à La Villette by mk2+

Pour y arriver je m’appuie sur trois pôles chez mk2+ (une régie publicitaire & événementielle, un pôle d’édition de médias et un studio de création), soit une équipe de près de 30 personnes composée de rédacteurs, commerciaux, producteur de podcast, concepteur-rédacteur, chef de projet innovation, chef de projet événementiel, social media manager, inbound marketing manager, media planneur, etc…

 

Illustration Cinéma Paradiso 2

Cinéma Paradiso by mk2+

Concrètement, j’ai initié le développement d’une plateforme de AVoD nommé mk2 Curiosity où Chanel est sponsor, j’ai lancé un site média de conférences qui aborde de thématiques sociétales nommé mk2 Institut, je produis des podcasts que je vends aux principales plateformes d’écoute, je conçois des cinémas éphémères (dont le Cinéma sur l’eau à La Villette et Cinéma Paradiso qui accueille tous les ans plus de 30 000 spectateurs dans la Cour Carré du Louvre) ou encore je créé des expériences immersives (Musée du Paris Saint-Germain, exposition OCEANS qui traite de la protection du monde marin,…).

Vos coups de cœur dans ce métier ?
La diversité.
Je ne cesse de jongler entre des idées créatives, le lien qu’elles ont avec nos valeurs de marque, leurs modèles économiques et la capacité à les déployer avec mes équipes. Nous sommes une start up avec le soutien d’un groupe ; c’est très excitant.

Loïc CuestaComment vivez-vous la crise sanitaire ?
Beaucoup de choses ont changé mais de manière assez étrange je vis bien cette période.

Personnellement, je passe plus de temps avec ma famille et le contact avec la nature est important pour moi. Ces deux éléments sont des piliers de mon épanouissement.
J’ai la chance de télétravailler (et surfer quand les vagues sont clémentes) partiellement en bord de plage dans les Landes.
À Paris, j’ai vendu mon scooter pour un vélo électrique et je consomme principalement des produits qui viennent d’une agriculture à la fois raisonnée, locale et biologique. Je n’utilise plus de bouteilles en plastique, et c’est le cas également dans les bureaux mk2.
J’essaie de me déplacer quand c’est absolument nécessaire et de me désintoxiquer de l’information en continue et des algorithmes des réseaux sociaux, en lisant plus de livres, ce qui est pour moi une forme d’écologie pour le cerveau.

Cela fait 8 ans que vous êtes sorti de l’ISEG, un souvenir marquant ?
Il y en a tellement ! Les meilleurs je ne peux pas les dire 😉
Avec du recul je pense que ma plus belle expérience a été mon Bachelor à la Dublin Business School partagée avec mes trois amis d’Isegliss’ (l’association de sport de glisse que nous avions créé à l’ISEG Bordeaux).

Un conseil pour les jeunes diplômés ?
Soyez curieux !
Pour ma part c’est la curiosité, l’envie d’apprendre, de faire avancer les choses, l’engagement dans des projets qui ont du sens qui m’animent.