2AI : Claire de Tinguy, votre fonction en quelques mots ?

La définition que j’aime donner c’est : « le planneur stratégique est un créatif frustré et un commercial raté » ! Histoire de remettre un peu les choses dans leur contexte. Les planneurs stratégiques ne sont pas des oracles ni des génies. Ils sont une fonction support à toute l’agence ; et mettent leur curiosité, leur rigueur, leur empathie et leur intuition au service des équipes.

Donc si je devais définir mon métier, je dirais qu’il consiste à comprendre en profondeur chaque sujet avec tous les outils et sources possibles (et variées) ; à toujours chercher le « pourquoi » pour donner un maximum de sens au(x) discours et moyen(x) qui seront déployés. Tout en ayant la grande modestie d’apprendre des autres ; et de savoir travailler d’égal à égal avec les autres fonctions de l’agence.

 

2AI : Que vous a apporté l’ISEG ?

J’ai pris de l’ISEG tout ce qu’il était possible de prendre (en plus des cours évidemment) : la vie associative, les contacts avec les intervenants, les sessions à l’étranger ; et les stages que je faisais du dernier jour d’une année au premier jour de la suivante. Les vacances je les ai prises plus tard !

Et je pense que c’est grâce à tout cela que j’ai pu m’ouvrir un maximum de portes.

Je reviens sur les stages car c’est en grande partie pour ça que j’ai choisi cette école. Pouvoir en faire chaque année jusqu’à un quasi plein temps sur la dernière. Ce qui m’a d’ailleurs permis d’être embauchée chez TBWA à l’époque !

2AI : Quel est votre meilleur souvenir d’école ?

J’en ai tellement ! Entre les gens rencontrés, les challenges remportés, le cursus à Dublin ou mon stage à Barcelone… Mais je crois que mon expérience au BDE dont j’étais co-présidente restera une des plus fortes. Ça m’a permis de créer des liens très forts, autant avec mon équipe qu’avec l’ensemble des étudiants et l’équipe pédagogique. On avait une place importante dans la vie de l’école ; et j’ai adoré vivre ça, apporter ma petite pierre à l’édifice.

2AI : Claire de Tinguy, vos meilleurs souvenir pro ?

J’en ai deux.

Il y a d’abord ma rencontre avec Nicolas Bordas, qui était directeur de TBWA France. J’ai eu l’opportunité de le rencontrer lors d’une de ses venues à Bordeaux ; pour une conférence sur la marque à l’occasion de la sortie de son livre « L’idée qui tue ». Nous avons beaucoup échangé et il m’a carrément proposé de venir le voir dans ses bureaux à Paris. A l’issu de ce rendez-vous, il m’a permis de rencontrer Marco de la Fuente (dir. associé et dir. des Stratégies chez BDDP Unlimited à l’époque) ; avec qui j’ai eu des discussions passionnantes sur le métier de planneur. C’était un vrai rêve qui se réalisait.

Nicolas m’a aussi proposé un poste d’assistante à cette époque. Offre que j’ai refusée, préférant développer le planning stratégique en agence à Bordeaux ; et devenir consultante à mon compte un peu plus d’une année après. C’était un choix audacieux de refuser cette offre et de parier sur une carrière à Bordeaux.

Mais aujourd’hui, et j’en viens donc au second souvenir, je viens de prendre la direction stratégique du Groupe We& ; qui rassemble 3 agences en place : New Compact (ex TBWA), Citron Pressé et Vitamine B. C’est un très bel accomplissement, je suis vraiment émue d’en être arrivée là ; de constater que j’ai eu raison de rester et de persévérer, de faire ma place.

Je vais désormais œuvrer au développement de ce groupe, transmettre mes compétences aux générations suivantes, continuer sans cesse d’apprendre, et je pense que plein de très beaux souvenirs sont encore à venir.

L’accessibilité, l’ouverture et la bienveillance de Nicolas et de Marco m’ont donné envie d’être comme eux, alors j’y travaillerai chaque jour, très consciencieusement.

2AI : Quelle qualité faut-il pour travailler dans le marketing / la com / le digital aujourd’hui ?

Il faut de l’envie je pense, voire même de la passion. Déjà, aimer son métier, c’est fondamental pour bien le faire, et ce n’est pas une chance donnée à tout le monde, alors si on y arrive il faut vraiment en prendre la mesure.

Ensuite il faut de l’ouverture, de la curiosité et de la détermination. Il ne faut pas forcément vouloir changer le monde ou être le meilleur, il faut juste avoir envie de faire partie d’un mouvement, de quelque chose de plus grand, et s’attacher à être le plus juste possible.

Et puis aujourd’hui dans ces secteurs, des profils de plus en plus spécifiques apparaissent, alors il est important de s’entourer des bonnes personnes, de créer des équipes pluridisciplinaires en sachant faire confiance à ceux qui savent, justement.