Portrait Camille Jorcin2AI : Bonjour Camille, vous êtes diplômée de la Promo 1999 et qui plus est, Major de promotion. Vous avez fondée l’atelier WILLBERRY à Londres. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours et votre création d’entreprise ?

Après des études de lettres classiques, j’ai rejoint les bancs de l’ISEG Lyon puis Paris. A l’époque, les passerelles entre classes prépas lettres et les écoles de commerce n’étaient pas encore développées. L’ISEG m’a accueillie. J’ai adoré les cours à l’ISEG et la vie de l’école. J’ai même pu organiser une expo d’art dans les locaux de l’ISEG Lyon ! Le directeur m’avait donné carte blanche. Quel souvenir !
Dès mon stage de fin d’année, j’ai été embauchée et j’ai commencé une belle aventure dans les agences de communication, notamment chez Publicis ‘au 133’ comme on dit dans la maison. C’était fabuleux. Il n’y a pas eu un jour à l’époque où, Lyonnaise, je n’étais pas fière de traverser les Champs Elysées avec à ma droite l’Arc de Triomphe et à gauche la Concorde. A chaque entretien en France, le recruteur me demandait « Comment c’était chez Publicis ? Et Maurice ? ».
J’aurais beaucoup de choses à raconter…
Et puis, comme beaucoup de communicants, mon objectif était de rejoindre un jour l’entreprise et quand j’ai vu une annonce pour Eurostar, c’était parti !
Anglophile, c’était mon rêve absolu et là encore, quelle aventure… 10 ans entre Paris, Londres, Bruxelles et Amsterdam.
Enfin, j’ai rejoint Expedia au sein d’une équipe internationale. 18 personnes, 13 nationalités différentes ! J’ai constaté à nouveau les ravages du manque de compréhension entre les individus et leur culture. Passionnée par le sujet depuis Publicis et les collaborations franco-chinoises autour de l’année de la France en Chine, j’ai été missionnée par ma directrice américaine pour aider l’équipe. J’ai fait alors une petite présentation avec des jeux de rôles et ça a été la révélation. Le why, le purpose. Je veux faire ça !
Je me suis alors formée au coaching et j’ai monté ma structure.
Un jour, une personne m’a dit… « tu n’as pas l’âme d’une entrepreneuse… parce que les chiffres, ce n’est pas ton truc ». C’est vrai, moi ce sont les mots. Il n’en fallait pas plus pour que je veuille lui prouver le contraire. Challenge accepted.

2AI : Vous avez fait carrière dans de très grandes agences de communication, puis, toujours dans la com’ chez l’annonceur, pourquoi vous êtes-vous tournée vers le coaching ?
Ma passion autour de l’Interculturel et de la communication entre les individus de cultures différentes m’a amenée tout naturellement au coaching. C’était l’approche la plus évidente pour moi pour créer la dynamique nécessaire à l’intelligence culturelle : prise de conscience + mise en actions. On ne peut pas travailler son « muscle culturel » sans avoir, au préalable, pris conscience de sa propre culture et de ce qui se joue.
De par son approche inconditionnellement positive et constructive, tournée vers le présent et le futur, le coaching joue un rôle essentiel dans nos sociétés actuelles. Ce n’est pas une mode. C’est un métier. C’est un besoin vital. Que ce soit dans la vie personnelle ou professionnelle, plus rien n’est linéaire… et la pression est forte pour réussir. Aller plus haut, plus loin. Avec un coach on gagne du temps et en effet, en quelques séances seulement, on va beaucoup plus loin…

2AI : Vos coups de cœur dans votre aventure entrepreneuriale ?
Mon premier est l’interculturel, une passion. On a besoin de développer cette intelligence culturelle dans nos sociétés. Entreprises, écoles, associations… Ce ne sont pas les différences entre les hommes qui nous divisent, nous empêchent de communiquer. C’est notre difficulté à reconnaître, à accepter et à célébrer ces différences. Sortir de ses habitudes est une chance, une ouverture au changement, une formidable opportunité.

Mon deuxième et ils sont deux : mes associés. Une aventure entrepreneuriale pour moi, c’est forcément en équipe. Je n’aime pas les traversées en solitaire. Ils ont tous les deux une âme d’entrepreneur et un cœur de coach. Ils savent me challenger. Sans eux, pas d’Atelier.

Enfin, le frisson… l’entreprenariat, ce ne sont pas des chiffres. C’est la peur de ne pas y arriver, ce sont les doutes, c’est être à la barre. Même si c’est une petite entreprise, ça a tout d’une grande. Les besoins, les missions du marketing a la gestion, tout est là, nécessaire. Il faut apprivoiser le vent pour le faire gonfler les voiles. Et parfois on sent un peu d’eau salée dans la bouche…

2AI : Vous vivez depuis plusieurs années à Londres, comment vivez-vous cette expatriation ?
Paris-Londres 2hoo… On pourrait imaginer que s’expatrier à Londres, c’est comme changer de région. Et pourtant, quel monde entre nos cultures. Il ne suffit pas de bien parler anglais pour se comprendre. D’ailleurs, si vous observez nos différentes approches en termes de gestion des conflits, de la communication, de l’expression de nos émotions… sur le papier, s’expatrier en UK, c’est un peu comme aller au Japon. Leurs cultures ont plus de points communs qu’entre eux et nous. Alors forcément, c’est un régal parce que j’apprends tous les jours et que j’exerce mon muscle culturel. Quand la Reine Elisabeth II fait un discours digne de la seconde guerre mondiale au début de l’épidémie du Covid, naturellement on se met en mode « keep calm and carry on ».

2AI : Un conseil pour nos jeunes diplômés ?
Dans ce contexte tout à fait extraordinaire, cette nouvelle génération apprend la résilience et le courage. Des qualités exceptionnelles et essentielles que l’on met parfois des années a développer. Je suis admirative et convaincue qu’ils déplaceront des montagnes. « If opportunity doesn’t knock, build the door. »